Financement de projets par les Eurobonds : conséquences pour l’Afrique

Financement de projets par les Eurobonds : conséquences pour l’Afrique (cas du Sénégal)

Forts d’une abnégation déterminante et perspicace, de nombreux gouvernements manipulent le marché financier. Aujourd’hui, il s’agit de faire des opérations permettant aux États, sur un émetteur, de pouvoir mobiliser des fonds capables d’assurer les investissements de grande envergure dont ils ont besoin. Émis sur les marchés financiers européens, les Eurobonds sont des titres d’obligations en nature et alors, des emprunts communs sur les places financières afin de se protéger mutuellement des attaques spéculatives et de mutualiser leurs dettes publiques. A priori, cette émission servirait aux pays en vigueur de pouvoir financer leurs projets, faire face à leurs déficits et de voir se faire racheter leurs dettes.

Récemment, le Sénégal venait de procéder à sa cinquième Levée de Fonds.  Après l’emprunt de Mai 2017, les Argentiers sénégalais ont trouvé digne d’estime l’emprunt obligataire du montant de 2,2 milliards de dollars répartis en deux tranches. La première, pour un montant d’un milliard au taux de 4.75% pour une maturité de 10 ans sur le marché de l’euro et permettant de racheter ses dettes et un milliard au taux de 6.75 % sur le marché du dollar avec une maturité de 30 ans. Pour les services en charge de la manne financière, les souscriptions volontaires ont atteint 10.312 milliards de dollars avec 300 offres pour chaque offre. Ce choix porté par ces nombreux investissements sur le Sénégal est encouragé par la fiabilité et la constance des agrégats mettant en avant la santé économique du pays. Selon le FMI, le taux de croissance prévu est de 6.8% (7.2% selon les prévisions de la DPEE) en 2017 et pourrait atteindre 7% en 2018. À en croire la notation de l’agence américaine Standard & Poor’s, le Sénégal réalise une note souveraine et décisive de B+/B. De quoi se jouir du bon côté des choses.

Cependant, cette levée de fonds est un cadeau empoisonné et présente des non-dits de grands enjeux. En effet, en Europe cette euro-obligation pourrait être garantie solidairement par tous les États membres de l’union monétaire. Par conséquent, ils afficheraient un taux d’intérêt correspondant à une moyenne des taux de chaque État émetteur pondérés par leurs poids économiques. Autant dire que l’Italie et l’Espagne qui empruntent au taux de 5-6% et bénéficieraient de l’attractivité de l’Allemagne qui emprunte au taux de 1.4% grâce à sa note AAA mais aussi de celle de la France qui mobilise à 2.8%. À qui irons-nous ?

Jadis, cet argent permettrait de financer les Projets du PSE mais le couac en est qu’on est sûr que ces chantiers seront exécutés par des Entreprises Étrangères à long et court terme ce qui revient à rallonger la longévité de l’oisiveté dont nous sommes déterminés avec l’Occident.  Les Entreprises du Pays et voire la population n’auront pas à bénéficier entièrement des retombées économiques.

Ce faisant, il serait envisageable d’associer les Publics et Privés nationaux dans le processus de mobilisation des ressources afin de les fortifier et de les encourager sur la quintessence de la transparence et de la déontologie politique. À l’instar de la SENELEC, qui a réalisé un emprunt obligataire, les États Africains gagneraient à imposer aux Entreprises Publiques un effort considérable afin de pouvoir mobiliser à leur tour pour faire face aux épreuves de Management et une obligation de résultats aux fins de sortir de la cavée l’économie africaine.  Il serait, en principe, assez commode de confier les projets de développement et de réalisation aux entreprises locales sous forme d’appels d’offres divisés en lot pour pouvoir les mettre en épreuve et de les faire profiter pleinement des investissements étrangers pour une existence réelle et une lecture concrète du Développement dans nos pays.

 

Par Frédéric Mbengue

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