Le Français: la langue aux subtilités grammaticales acrobatiques

Le Français: la langue aux subtilités grammaticales acrobatiques

Langue romane à l’instar de l’espagnol, du portugais ou encore de l’italien, le français aura subi bien des transformations au cours de son histoire avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Si d’aucuns jugent que c’est une langue quelque peu complexe à l’image de sa grammaire et de l’orthographe de certains mots, d’autres par contre n’y voient que d’aisance. Mais quoi qu’il en soit, il suffit de voir la manière dont les gens le manient pour s’assurer qu’ils éprouvent d’énormes difficultés quant à sa maîtrise. Ne cherchez pas loin, j’en constitue un parfait exemple !

Quand on sait dire des choses dont on ignore l’orthographe, quand il est plus facile d’omettre un accord que de le respecter ; quand entre deux mots sémantiquement identiques les nuances jaillissent de toute part, il y a de quoi se méfier.

En termes plus concrets, on emploie abusivement “au temps pour moi” sans savoir comment l’écrire. Je parie que 95% des lecteurs l’ignoraient tout simplement. Eh oui, aussi bizarre que cela puisse paraître.

Cette expression signifie pour la personne qui l’a dite qu’elle a conscience de l’erreur qu’elle a commise et est prête pour la rectification à temps. Et ce n’est pas tout !

Naturellement, il est d’une dureté reconnue de s’exprimer dans une langue en faisant attention à tous les accords, les uns moins évidents que les autres.  Si c’est du français qu’il s’agit, il le faudra néanmoins.

En effet on est souvent, selon la position d’un adjectif ou d’un participe, contraints de faire un accord ou de s’en abstenir. Voyons de près ces deux exemples avec l’expression *Ci-joint* : “Ci-joint les attestations demandées” et “Veuillez tenir compte des modifications ci-jointes”. N’est-ce pas extraordinaire pour nous apprenants ?

Et, comment emploieriez-vous “an” et “année” ? Comme bon vous semble, certainement ! Pourtant, l’an fait référence à une date précise, un repère chronologique (l’an de grâce, l’an 40 etc.) alors que l’année exprime une durée considérée dans son déroulement, un écoulement temporel. Pensons à l’opposition entre “matin” et “matinée” et entre “jour” et “journée”. Ce qui justifie qu’au jour de l’an (simple date) on vous souhaite une bonne année.

En outre, seriez-vous aussi vigilants et attentifs pour accorder un participe passif seulement parce que vous qui parlez êtes du genre féminin ? C’est du moins, compliqué. Là où Modou dirait sans problème aucun et en toute assurance “ Elle m’a séduit” ; Fatou, pour sa part, serait contrainte á l’accord au moment de rétorquer : “Au contraire, c’est toi qui m’a séduite”.

Il est vrai que tout cela peut être perçu comme trivial pour certains et ils n’auraient pas tort, dans une certaine mesure, de le considérer comme tel. Mais dans tous les cas, il faudrait encore plus d’attention sur ce que les moins avertis appelleraient “détails”. Car, quoi qu’on dise, les détails sont souvent de taille. Ainsi donc, ce sera avec plus de détermination, de vigilance, de perspicacité et surtout d’automatisme qu’on pourra un jour se dire avec fierté : enfin, j’ai conquis l’une des plus belles langues du monde !

 

Par Aboubacar Samb

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